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Monday, November 11, 2013

Stereo Prestige n. 82 - October 2013





Thanking Jean Hiraga for his passion and reviewing my music room and system, here is the text with some (minor) adjustments and corrections...





... as sure Hiraga sensei-san well knows the difference between an EMT 930st and his mighty elder brother EMT 927st;-))) which got a typo and was misprinted in the magazine.

Hope you'll enjoy the essay.


Installation exemplaire par Jean Hiraga



Une passion sans limites pour la haute fidélité!


Cette installation située en Italie, près de Venise, appartient à S.B, un mélomane épris de haute fidélité depuis plusieurs décennies. Son approche de la perfection sonore, de l’illusion du concert chez soi se base sur un ensemble de connaissances sans cesse enrichies par une communication très active avec de nombreux amateurs de haute fidélité.


Son sens de la communication s’organise à travers d’incessants voyages un peu partout dans le monde. Des contacts permanents et enrichissants offerts par les forums sur Internet lui procurent un véritable don d’ubiquité.


L’indispensable fil conducteur, la musique vivante, est au rendez-vous avec ce guitariste.
Suivons le parcours du combattant de ce puriste de longue date.
Une passion sans limites pour la haute fidélité n’aurait pas une grande valeur si elle n’avait pour fondements deux motivations principales: une envie de partager avec d’autres les progrès et découvertes en haute fidélité ainsi qu’une passion ardente, toujours renouvelée pour la musique.


C’est le cas de Monsieur S.B. Il s’intéresse à tous les genres musicaux confondus. Il n’est sans doute pas le seul à être capable d’apprécier un moment musical dans une automobile, dans des conditions sans rapport avec une quelconque exigence en haute fidélité. Ses talents de guitarist s’expriment sur plusieurs instruments, dont une collection datant de 1917, une Martin 00-21 Adirondack/Brazilian Rosewood, et une autre étant une Lowden S-35 et une Guild F-312, le deux aussi Brazilian Rosewood.


Ses débuts en haute fidélité


M. S.B. a débuté avec la célèbre platine analogique Thorens TD 160, bientôt associée au bras de lecture RB-300 de chez Rega, le choix de la cellule à aimant mobile Shure M75ED se reportant ensuite sur le modèle japonais à bobines mobiles Supex SD900. Dés cette époque, on remarque chez cet audiophile italien le souhait de pouvoir extraire toujours plus d’informations du disque microsillons. Au-delà d’une simple traque des microdétails, l’objectif est d’abord de mieux faire ressortir les subtilités de chaque interprétation, de chaque timbre, de chaque ambiance.


Les enceintes ESS sont remplacées tour à tour par des modèles 4 voies Tandberg Studio Monitor, puis par des panneaux électrostatiques push-pull Quad ESL. Ces panneaux sont remplacés à leur tour par les modèles japonais Stax F-81, héritiers des premiers ESS-4A et 6A. Ces deux derniers choix ont probablement dicté l’utilisation d’amplificateurs à tubes se mariant particulièrement bien avec les panneaux électrostatiques. Il s’agit des amplificateurs OTL sans transformateur de sortie Futterman H3 version AAA, des modèles qui ont fait usage de tétrodes de sortie utilisées en balayage ligne de
télévision, genre 6FW5, 6HB5 ou 6LF6.


Vient ensuite l’acquisition de la célèbre platine analogique LP-12 Linn Sondek associée au bras de lecture PU-3 de chez Syrinx ainsi que des cellules à bobines mobiles Accuphase AC-2 et Koetsu Rosewood Signature.


On avance. On essaie toujours d’aller plus loin. Cette nouvelle association d’éléments est propice à la mise en valeur des enceintes Altec “Voix du Théâtre”, à les détourner de leur vocation d’origine, la sonorisation pour une application en haute fidélité.
C’est cette autre découverte qui va infléchir une ligne de conduite orientée désormais vers les hautparleurs à haut rendement.


Elle va inciter Monsieur S.B. à chercher à s’approcher toujours plus près de cette sensation du concert chez soi. Il découvre ou redécouvre ainsi les qualités étonnantes des bras de lecture Fidelity Research FR 64-S et FR 66-S et Ortofon RMG 309.


Cellules Decca, EMT, Lumière, Allnic Puritas et  Neumann DST


La révolution de la reproduction stéréophonique sur deux canaux a pour point de repère important le Westrex Stereodisk 45/45, un burin de gravure du disque microsillons stéréophonique dont la mise sur le marché date de 1957. C’est grâce à ce burin graveur d’exception que furent réalisés un nombre considérable de disques microsillons stéréophoniques à travers le monde. Pour la lecture initiale de la cire gravée, Westrex avait conçu à cette occasion la cellule à bobines mobiles Westrex 10A, un modèle professionnel vendu uniquement aux professionnels du son. En l’espace de deux
ou trois ans seulement, un nombre croissant de cellules stéréophoniques à aimant mobile et à bobines mobiles fut commercialisé. Parmi les marques-phares figurent la société danoise Ortofon, la firme allemande EMT ainsi que des firmes américaines comme ADC, Pickering ou Shure.


On comprit aussi qu’il était important de concevoir des modèles de cellules procurant de grandes qualités en termes de linéarité de réponse en fréquence, de séparation entre les canaux tout en étant dotés d’une excellente lisibilité, ce critère étant en relation directe avec l’usure prématurée du disque. En Grande-Bretagne, c’est à la firme Decca que l’on doit la réalisation d’un modèle avantagé par une très faible masse mobile et par une force d’appui ne dépassant pas 2 grammes.


Cette série de cellules Decca a été la seule du genre à être basée sur le principe d’un matriçage combinant la modulation verticale et latérale. L’extraction des informations stéréophoniques gravées dans le sillon selon le procédé 45/45 s’effectue ainsi en utilisant des bobines orientées non pas à 45° par rapport à chaque flanc du sillon, mais de manière orthogonale, dans le plan vertical et horizontal. On oublie souvent de dire que ce matriçage permet de dissocier certains bruits de surface du signal audio stéréophonique lui-même, ce qui n’est pas dénué d’intérêt.


On doit cette idée à un génie de l’audio, Jean Walton, une femme ingénieur de grand talent. On raconte que, très complexée par le fait de ne pas avoir été” un” ingénieur comme les autres, elle se rasa longtemps le visage pour remonter quelques années plus tard sur la scène de l’audio, avec moustache et petite barbe, sous le nom de John Walton. Cela explique pourquoi on donne à cette femme ingénieure le nom de John-Jean Walton. Heureusement, de nos jours, ce genre de complexe n’est plus ce qu’il était autrefois. A ce sujet, le Dr Rhonda Wilson, à la fois musicienne, physicienne et mathématicienne de haut niveau mérite largement d’être citée en exemple. On doit à cette expert en langage de programmation audionumérique de vastes recherches ayant abouti au procédé
Lossless MLP, à la mise au point de différents produits et autres processeurs pour le compte de la firme anglaise Meridian, sans oublier de précieux travaux relatifs aux applications du procédé DSD, le tout dans le cadre d’une carrière qui se perpétue aujourd’hui dans le groupe Dolby Inc.


Ces parcours aux talents multiples, plus rares lorsqu’ils fusionnent à la fois les mathématiques et la musique, ne sont pas sans rappeler John R. Pierce. A la fois mathématicien, acousticien, physician et musicien, ce génie fut, avec son collaborateur Claude Shannon, l’un des pères du procédé de codage PCM.


N’oublions surtout pas qu’il contribua à l’invention du transistor et qu’il fut aussi,
sous un pseudonyme, un romancier de science-fiction.


Revenons aux cellules phonolectrices pour préciser que plusieurs firmes et autres PME de l’audio cherchèrent à transposer sur leurs cellules soit l’idée du burin graveur Westrex, soit celle de modèles du genre EMT ou Ortofon. On trouve à titre d’exemple les cellules japonaises Satin (une marque obsolète), Audio Technica (aimants mobiles disposés en V), Ikeda (Japon). La firme sud coréenne Allnic Audio commercialise de son côté deux modèles de cellules équipées de bobines mobiles disposées également en V. Elles portent les références Verito et Puritas.


Ajoutons qu’il a existé et qu’il existe toujours au Japon, en Asie et ailleurs plusieurs PME de l’audio spécialisées soit dans les tables et bras de lecture, soit dans les cellules phonolectrices, soit dans les deux à la fois.


Sur cette installation, on remarque à ce titre des cellules de marque Lumière (dont la DST). Il s’agit ici de répliques des séries Neumann DST and DST-62 (voir le site internet http://homepagel.nifty.com/lumierecamera/audiotop.html), de la marque Miyajima, version Shilabe (site internet www.miyajima-lab.com).



Un rare assortiment de fleurons du haut de gamme


L’installation de Monsieur SB. est l’une des rares à être composée d’un très vaste assortiment de composants, de maillons audio, des plus connus aux plus rares, leur dénominateur commun restant la quête perpétuelle d’une vérité sonore et musicale sans falsification. Cet assortiment inclut non seulement un double système audio deux canaux qui sera détaillé plus loin, mais également du matériel de prise de son:


– enregistreurs analogiques à bande Téléfunken (M 15A), Studer (B 67), Nagra (IV-S, avec adaptateur pour grandes bobines QGB), Revox G-36 (version modifiée par Tim de Paravicini de la firme EAR/Yoshino.
– microphones Neumann (USM-69, U-67, U-87, KM-84) et STC/Coles 4038.
– table de mixage Stellavox AMI-48.


Une belle collection de bras de lecture


Il n’est pas courant de trouver sur une installation un assortiment aussi atypique de bras de lecture.
On découvre, parmi les modèles d’époque, le modèle 30 cm Ortofon RMG 309, le Denon DA-302 (un modèle professionnel), le très coté EMT 997 (considéré comme l’un des meilleurs au monde par beacoup d’amateurs de disques vinyle) et le Fidelity Research FR 66-S et 64-S. Parmi les modèles de bras acquis récemment s’inscrit sur la liste le modèle Schick de 12 pouces, un modèle à la fois simple et très performant mis au point par Thomas Schick (Berlin, site internet: www.thomas-schick.com). 

Un nouveau-venu est le The Peak, dans sa version 12 pouces.

Les modèles de cellules les plus fréquemment utilisées sont actuellement la Decca SC4E, la Miyajima Shilabe (ce modèle n’est plus fabriqué aujourd’hui) et l’Allnic Puritas, originaire de Corée du Sud.


L’irremplaçable Garrard 301


Très cotée un peu partout à la fois dans le monde des mélomanes et dans celui des audiophiles, la Garrard 301 prend ici une place royale parmi d’autres concurrentes comme la version professionnelle EMT 930st (avec cellule TSD 15, plateau en verre + socle antisismique).


Monsieur SB. a investi beaucoup de temps et d’argent pour extraire le meilleur de cette platine dont les possibilités sans cesse redécouvertes sont en partie redevables à tout un arsenal d’améliorations aussi coûteuses qu’efficaces : axe, palier, plateau, socle, couvre-plateau, galet, poulie, mécanisme d’entraînement, type de lubrifiant.


Monsieur S.B. possède plusieurs Garrard 301 modifiées par ses soins. Ce perfectionniste n’a pas hésité à solliciter à ce titre l’aide de plusieurs amis spécialisés en ébénisterie, en mécanique ou encore en tôlerie de précision. C’était, selon lui, le seul moyen de pouvoir disposer de réalisations personnelles de qualité irréprochable. Ici, les paliers et les axes de rotation des plateaux de ses différentes 301 sont tous des créations “DIY”. 

Les plateaux usine en bronze pèsent 13,5 kg.


Les bras de lecture sont montés sur des embases “maison” en bronze, avec FR B60 VTA, qui pèsent chacune quelques 22 kg.


Les socles des platines, réalisés en ardoise massif, pèsent 45 kg chacun.



Etages phono et préamplification


Pour l’écoute des disques vinyles, le choix de Monsieur S.B. s’est porté, après bien des essais comparatifs, sur une réalisation personnelle, celle de Thomas Mayer. C’est un autre féru d’audio qui a toujours souhaité partager avec d’autres son plus vif intérêt pour les montages audio à tubes, à la fois à travers le réseau internet très actif (on pourra se reporter au blog internet http://vinylsavor.blogspot.fr) ainsi que par le biais de l’ETF, l’European Triode Festival). Cette manifestation privée organise chaque année un concours du meilleur montage audio. On remarque que, parmi ses réalisations, émergent à la fois des tubes très connus comme la 2A3, la 211 ou la 845 et aussi des références moins connues bien qu’extrêmement intéressantes: EC8020, E55L, WE437A ou 6GL7. Alors qu’une majorité d’amateurs de créations personnelles “DIY” choisissent des tubes classiques comme les double triodes 12AX7, 6SN7 ou 12BH7, la 6GL7 fait partie de ces references qui méritaient d’être mieux connues. C’est, comme la 6EM7 ou la 6DN7, une double triode montée sur support octal abritant deux éléments triodes différents. Un des éléments triode bénéficie d’une faible résistance de plaque (760 ohms) et d’une dissipation plaque généreuse (10 W). C’est le genre de triode idéale pour un préamplificateur de ligne monoétage dépourvu de contre-réaction et avantagé par une sortie à basse impédance. C’est en plus un tube dont le prix est resté abordable.


En revanche, la rareté de certaines autres références de tubes a abouti à une flambée impressionnante des prix. Ils peuvent atteindre dans l’état “NOS” (New Old Stock) plusieurs centaines de dollars pièce, ce qui est le cas de la WE437A, une des dernières triodes mises au point par la firme Western Electric.


Les différentes cellules phono à bobines mobile et pre-passive disponibles ici peuvent être suivies d’un vaste choix de transformateurs adaptateurs: le Fidelity Research AS-1 (une ancienne version montée sur noyau torique) et le Luxman AT-3000 Ultimate sont le pre-passives, et Western Electric WE618A, Peerless 4611, 4685, 4722, Beyer, Neumann, Partridge, Miyajima, Malotki et Rhode-Schwarz pour le MC.


On imagine le nombre possible d’associations possibles cellules-transformateurs adaptateurs d’impédance qui peut en découler. Conçu par Thomas Mayer, l’étage de préamplification phono qui suit fait usage de la triode WE437A associée à une égalisation RIAA de type LCR passive de chez Tango (EQ-600 LCR).


Ce n’est pas une idée récente. Elle remonte aux vieux montages Western Electric datant des années 50-60, leur remise au goût du jour valorisée par les meilleurs composants actuels permettant de s’affranchir de défauts courants inhérents aux égalisations de gravure RIAA actives ou passives classiques de type RC.



Les sources audionumériques


Les mécaniques de transport CD sont prises en charge par deux appareils. Le premier est la version professionnelle Studer A730. L’autre est la Meridian 500 lancée initialement en 1993 avec le DAC Meridian 563. La Studer A730 est l’une des rares au monde à offrir la possibilité d’un réglage fin de la vitesse de lecture.


C’est un avantage très apprécié des musiciens, des pianistes qui supportent mal un enregistrement transcrit sur CD sans prise en compte de la vitesse de défilement exacte de la bande magnétique d’origine. La Studer A730 présente par contre pour défaut une sensibilité importante aux rayures de surface du disque.


Quant à la Meridian 500, c’est une mécanique de transport CD qui reste toujours l’une des mieux appréciées sur le plan des qualités musicales. Là où certaines mécaniques de transport CD donnent l’impression de “parler”, de “réciter”, la Meridian 500 semble "chanter".



Le filtrage actif ou passif
Deux possibilités s’offrent ici face à la multi-amplification active. La première est une réalisation sur mesure qui a été confiée à Thomas Mayer. Elle fait usage de selfs audio de haute qualité et d’un câblage en fil d’argent. Les fréquences de transition ont été placées respectivement à 250 Hz, 1,2 kHz, et 7 kHz, le tout avec des pentes d’atténuation très douces, de 6 dB/oct. seulement. Le second est un filtrage actif confié au préamplificateur/processeur multifonctions Tact RCS 2.2XP.


Il permet de proposer une coupure très franche à 250 Hz sous une pente d’atténuation de 60 dB/oct.


Ce modèle évolutif intègre un convertisseur N/A et également une correction acoustique de sale débrayable. Monsieur SB. dispose par ailleurs d’autres préamplificateurs, dont le célèbre Marantz 7C et le célèbre tuner FM Marantz 10B, deux  “must “ datant des débuts de la stéréophonie.



L’amplification en classe A 20 W et 30 W


Les deux systèmes utilisés sur cette installation faisant usage de haut-parleurs à haut rendement, la puissance nominale des amplificateurs limitée à une trentaine de watts suffit largement. On trouve ici deux paires d’amplificateurs, le Hiraga 20 W et le Classe A 30W, tous les quatre en parfait état.


Il s’agit ici de versions montées d’origine et non pas d’appareils en kit vendus en pièces détachées.


Ils sont conçus autour d’un circuit de grande simplicité. Les étages de sortie polarisés en pure classe A de type Darlington inversé, baptisé “Darlingnot” font partie des rares montages transistorisés sur lesquels la puissance de sortie varie peu en fonction de l’impédance de charge.


Une particularité de leur étage de puissance concerne les émetteurs des transistors de sortie reliés directement à la charge, sans résistances intermédiaires. Ce circuit s’adapte très bien aux charges complexes, aux grandes variations d’impédance, ce qui favorise un excellent contrôle des enceintes à haut rendement. Sur les Voix du Théâtre A7 comme sur les grandes Klipschorn, deux modèles utilizes par Monsieur S.B, l’accord bass-reflex engendre des fluctuations d’impédance qui peuvent atteindre une soixantaine d’ohms au-dessous de 100 Hz. Ces amplificateurs s’adaptent très bien, malgré le paradoxe d’un facteur d’amortissement peu élevé découlant d’un faible taux de contre-réaction.

Une autre paire d’amplificateurs monotriodes 300B équipée de transformateurs Partridge est utilisée sur les enceintes Klipsch La Scala.



Les enceintes: Klipsch La Scala


Disposées près de la zone d’écoute, les Klipsch La Scala sont des versions compactes des grands modèles d’encoignure Klipschorn. Précisons que la version la Scala a été mise sur le marché par Klipsch & Associates en 1963. Sa hauteur se limite à 90 cm pour une largeur de 60 cm et une profondeur de 62 cm. Une version améliorée a été proposée en 2006 sous la référence La Scala II.


Ce système 3 voies entièrement à pavillon doit sa compacité à l’utilisation d’un pavillon de grave replié couplé à un haut-parleur de grave de 38 cm. La partie haute de l’enceinte reçoit un pavillon de type exponentiel couplé à une chambre de compression 2 pouces. Au-dessus de ce pavillon est fixé le petit pavillon du tweeter à chambre de compression 1 pouce. Dans le cadre de l’histoire des enceintes Klipsch, série Heritage, on a souvent fait mention d’une curiosité technique. Il s’agit de l’utilisation systématique de voies de médium et d’aigu équipées non pas de membranes en aluminium, en titane, voire en béryllium pour les versions de haut de gamme, mais de simples membranes phénoliques réservées d’ordinaire à la sonorisation de milieu de gamme.


Sur ce point, des curieux ont sans doute été très étonnés par les excellents résultats de mesure obtenus, par la bonne linéarité de réponse amplitude/fréquence, de même que par une sensibilité mesurée conforme aux spécifications annoncées, soit 104 dB/mW. En fait, pour ces haut-parleurs comme pour les célèbres séries Dual Concentric Tannoy, il est important de dire que les filtres passifs associés sont en fait des filtres répartiteurs correcteurs. Sur les séries Klipsch Heritage, les selfs condensateurs font usage de valeurs volontairement désadaptées. On obtient ainsi un lissage de la réponse de certains creux, dans des plages centrées sur 350 Hz, 450 Hz et 6,5 kHz.


La sensibilité du tweeter a été “boostée” grâce à l’utilisation d’une self à prise médiane montée sur noyau ferromagnétique.


Elle tient le double rôle d’auto-transformateur et de filtre passif. Appliquée sur l’enceinte LB76, cette idée a été brevetée en 1980 sous la référence 4,237,340 “Crossover for optimizing efficiency and improving frequency response”.



Second système d’enceinte: voies de grave à pavillon Elodis Sub TGE et haut-parleurs Goto


Le second système étant équipé de chambres de compression et de pavillons de marque Goto Unit, il fallait trouver le moyen de pouvoir associer une voie de grave à pavillon dotée d’une sensibilité aussi élevée, d’une réponse en fréquence capable de tutoyer une trentaine de hertz, le tout avec une pression acoustique élevée et sous un taux de distorsion négligeable. Il n’existe, à-priori, pas de solution compacte capable de tenir ce rôle. A force de chercher, Monsieur SB. a fini par trouver un compromis, une “ bête rare”. Il s’agit du modèle Elodis Sub TGE réalisé en petite série en Autriche. C’est une voie de grave à pavillon frontal replié couplée à deux haut-parleurs de 38 cm à haut rendement.


Les spécifications de cette voie de grave mentionnent une puissance acoustique
maximum très élevée. La charge aux formes curvilignes a été réalisée à partir de l’assemblage d’épaisses parois en lamellé collé de hêtre de 30 mm d’épaisseur. Le tout est consolidé par des renforts métalliques internes, ce qui aboutit à un poids total frisant les 250 kg. L’objectif convoité est largement atteint avec une sensibilité de 109 dB/m/W à 100 Hz, avec l’obtention d’une réponse amplitude fréquence uniforme entre 40 Hz et 300 Hz et une puissance maximum admissible frisant les 2 kW sur les pointes de modulation.
Les voies de bas-médium, de médium et d’aigu sont prises en charge par des modèles appartenant à la firme japonaise Goto Unit. Nos lecteurs les connaissent à coup sûr. Il s’agit:


– de la voie de bas-médium SG-570DX (membrane en titane de 57 mm de diamètre à suspension
rapportée) couplée au pavillon exponentiel de forme ronde S-150B (longueur totale 1,25 m, embouchure de 75 cm de diamètre),
– de la voie de médium composée de la chambre de compression SG-370DX (membrane en titane de 37 mm de diamètre à suspension rapportée, réponse amplitude/fréquence comprise entre 400 Hz et 18 kHz) associée au pavillon S-600 (longueur totale 23,2 cm, section ronde, embouchure de 18 cm de diamètre),
– du tweeter à chambre de compression SG-160 (membrane en titane de 16 mm de diamètre) à suspension rapportée, pavillon intégré en aluminium usiné dans la masse.
La sensibilité de ces différents modèles de chambres de compression se situe entre 110 et 113 dB/m/W. Ces modèles sont complétés désormais des versions “BL” équipées de membranes en béryllium pur.


L’ensemble de ces haut-parleurs est monté sur une structure métallique réalisée sur commande par la société Elodis dont il a été question plus haut.


Le filtrage de ces différents haut-parleurs peut être soit confié au filtre 4 voies Thomas Mayer cite plus haut, soit pris en charge par le préampli-processeur Tact RCS 2.2XP, ce dernier integrant tout un éventail de réglages, dont le calage temporel des haut-parleurs entre-eux et la correction acoustique de pièce.



L’acoustique du lieu


La salle mesure 6,20 m de large et 5,20 m de profondeur, avec un petit décrochement situé au niveau de la partie avant gauche. L’habitation étant très ancienne, on est avantagé ici par des murs très épais, acoustiquement très inertes ainsi que par une hauteur de plafond généreuse qui attaint 3,65 m. Cet espace n’a pas fait l’objet d’un traitement acoustique particulier. En fait, la presence de différents appareils, d’étagères de rangements a pour effet bénéfique de briser les échos de murs parallèles, juste assez pour obtenir une ambiance acoustique ni trop sombre, nit trop mate, ni trop claire.


L’impressionnante collection de disques vinyle et CD de M. S.B. comptabilise près de 8.000 disques vinyle et une montagne de disques CD. Seule une petite partie d’entre-eux est visible dans la salle, le reste de l’iceberg étant stocké dans une pièce attenant à la salle d’écoute.



Les résultats d’écoute


Les écoutes se sont déroulées en deux étapes, l’une en début de soirée sur les Khipsch La Scala, l’autre le lendemain, sur le second système associant l’ensemble Goto Unit et les voies de grave Elodis Sub TGE. Sur chacun de ces systèmes il est possible d’utiliser, de comparer plusieurs sources CD et vinyle, plusieurs modèles de platines analogiques, de cellules ou de transformateurs adaptateurs pour cellules. Il a donc fallu faire une synthèse de chaque système pour en extraire les traits de caractère les définissant le mieux.


L’écoute sur les Khipsch La Scala a été confiée à deux blocs amplificateurs monotriodes 300B, avec triodes à plaques grillagées Emission Labs. Ces amplificateurs étaient précédés d’un étage ligne Thomas Mayer, avec tube CX-310 Cunningham (ancienne version à bulbe “aubergine” de la triode 10), la source audionumérique associée étant la platine CD Studer A 730. Ce n’est pas la première fois que l’on redécouvre les enceintes Klipsch La Scala, mais à une différence près: dans le présent contexte d’utilisation, on ne se contente pas que d’un bel équilibre spectral ou d’une restitution légèrement chaleureuse mais bien timbrée. On est d’emblée vraiment surpris par la finesse de restitution, par la délicatesse des timbres, par la beauté du registre d’aigu cumulant matière sonore et absence de distorsion sur les pointes de modulation. Les qualités de naturel s’allient à une sensation d’aisance généralisée. Cette sensation de vie, de spontanéité invite l’auditeur à explorer les genres musicaux les plus variés. On n’a pas envie, comme parfois, de baisser de temps en temps le niveau d’écoute de peur de voir surgir des débuts de dureté sur les pointes de modulation. Ce genre d’obstacle est surmonté sans aucune difficulté. Le registre de grave est plein, articulé, il rivalise d’expressions. Il a suffit de changer légèrement le point d’écoute pour rendre négligeables quelques petites résonances de salle situées au dessous d’une centaine de hertz.


En ce qui concerne l’écoute de disques vinyle, deux bonnes heures supplémentaires auraient été largement nécessaires, sinon plus, pour apprécier les qualités offertes par la platine EMT 930st associée à différents types de cellules, comme la celebre Neumann DST blanc. Il a donc fallu se contenter de l’excellente EMT TSD15 qui, une fois de plus, a fait de vrais miracles en matière de naturel, de beauté de raffinement des timbres et même de dynamique, là où les éfenseurs de l’audionumérique pensent souvent piéger l’enregistrement analogique. Il faut l’entendre pour le croire.


L’écoute du second système s’est déroulée le lendemain matin, environ deux heures après la mise en route préalable des électroniques. C’est l’occasion d’apprécier pour la première fois le système de haut-parleurs de bas-médium, de médium et d’aigu Goto Unit, écouté de nombreuses fois jusqu’à présent, en Europe comme au Japon, mais soutenu par la voie de grave à pavillon Elodis Sub TGE.


C’est une surprise de taille, car ce choix atypique conduit à une diminution sensible de
l’encombrement de la voie de grave. On conserve les atouts multiples du rendement élevé, de la linéarité de réponse, du faible taux de distorsion par harmoniques et de la puissance admissible élevée. Pour cette écoute, il a été jugé utile de reprendre des passages musicaux déjà écoutés la veille sur les Klipsch La Scala, notamment “Angel Song” par Koonitz, Frisell, Wheeler et Holland , “Jimmy Giuffre 3” ou “A Closer View” par Gary Peacock et Ralph Towner, trois titres appartenant au label ECM ou bien encore des passages de chant et de guitar et theorbe comme celui de “Los Impossibles” du label Naive.


C’est pour résumer, un exploit remarquable en matière d’équilibre spectral, de définition, de transparence générale, d’uniformité de répartition des différents registres de la bande audio. Ces sensations, toutes au service de qualités musicales très poussées, n’ont cessé de se confirmer lors de l’écoute d’instruments, de sons divers et variés: guitare, violon, violoncelle, contrebasse, instruments à vent d’époque, lute, orchestres, voix d’opéra, de jazz ou de musique pop.


Du grave à l’aigu, le son sort complètement des enceintes pour prendre place à des endroits précis dans l’espace, comme le dicte chaque prise de son. On en vient même à se demander si, compte tenu du prix très élevé des récentes séries de moteurs Goto Unit équipées de membranes en béryllium, il ne serait pas plus sage de mieux diversifier ses investissements, de les répartir dans les différents éléments composant le système, soit encore dans un éventail encore plus large de choix musicaux, par exemple dans des disques vinyles rares dont le prix devient de moins en moins accessible.


En fait, c’est justement ce que fait Monsieur S.B. …


Ajoutons pour terminer que certains systèmes ne cessent d’évoluer, de progresser. Sur cette installation, on remarque à ce titre que l’utilisation de la correction de salle n’est pas forcément la panacée, la solution idéale dans la mesure où un lissage de la courbe de réponse amplitude/fréquence semble se répercuter de manière plus ou moins négative sur le naturel de rendu des timbres, une effet connu étant de rendre la restitution générale un peu trop mate, soit de produire la sensation d’entendre des accords moins filés. On touche là un point très délicat du “tuning” qui dépend de nombreux paramètres incluant l’acoustique, le positionnement des enceintes dans la sale et l’emplacement d’une zone d’écoute optimale que l’on souhaiterait être la plus large possible.


Tout cela demande beaucoup de patience, d’expérience, de passion et beaucoup d’attention auditive.


Avec nos plus vifs remerciements à S.B. pour son chaleureux accueil.


Jean Hiraga








Le second système d’enceintes composé de la voie de grave à pavillon replié Elodis Sub TGE surmonté des voies de basmédium, de médium et d’aigu Goto Unit.
La voie de grave à pavillon replié Elodis Sub TGE. La gorge du pavillon est couplée à deux haut-parleurs de 38 cm à haut rendement couplés dorsalement à des charges closes et amorties.
Bien qu’il soit de taille raisonnable, son poids est de l’ordre de 250 kg. Une de ses qualités: une sensibilité qui atteint 109 dB/W/m à 100 Hz.
La voie de bas-médium, de médium et d’aigu Goto Unit Les chambres de compression font appel à des membranes en titane à suspension rapportée. Très élevée, leur sensibilité se situe entre 110 et 113 dB/W/m.
L’enceinte à haut rendement Klipsch La Scala. Lancée initialement en 1963, elle fait partie des rares à offrir sous la forme d’un produit fini d’une taille raisonnable, un rendement élevé.
La table de lecture EMT 930st, montée sur son socle antisismique.
Deux platines Garrard 301 entièrement reconditionnées. Le montage de différents bras de lecture n’étant pas encore terminé, les essais avec cette platine n’ont malheureusement pas été possibles.
Parmi d’autres, un bras de lecture, le modèle professionnel Denon DA-302, toujours très coté au
Japon.
Parmi tout un éventail de choix de transformateurs adaptateurs d’impédance, des modèles Peerless 4611, 4685 et 4722.
Un préamplificateur,  un modèle 4-chassis réalisés par Thomas Mayer. On remarque que les tubes sont montés sur des socles anti microphoniques.
Le meuble regroupant les amplificateurs du second système. On reconnait les deux paires
d’amplificateurs Hiraga Classe A de 20 W et 30 W.
Le magnétophone professionnel Telefunken M 15A.
Un des amplificateurs monotriode 300B équipé de transformateurs Partridge. On remarque
l’utilisation d’un châssis amagnétique en cuivre.
Le magnétophone semi-professionnel Studer B 67.


Stereo & Prestige
N° 82 Octobre 2013__



2 comments:

Tony Bombera said...

A very nice review by Mr. Hiraga. Thank God that we have Google translate.

TonyB

twogoodears said...

Indeed, Tony;-)))